

Apple vend sa milliardième chanson en ligne et Bell Canada devient majoritaires dans Puretracks, l’entreprise derrière le magasin de musique en ligne de Bell Sympatico, Futureshop et Telus.
Ces événements témoignent de grands bouleversements en ce qui à trait à la vente de musique en ligne. Où en sommes-nous actuellement, et surtout, quelles sont les conditions gagnantes pour vendre de la musique sur Internet ?
Au Canada et aux Etats-Unis, les ventes de musique sont en baisse. 4% au Canada plus exactement, selon les chiffres de la CRIA [1]. Le téléchargement illégal (on suppose) fait donc très mal aux entreprises qui œuvrent dans le domaine. On pourrait par contre se poser la question si d’autres médiums n’ont pas eu un impact : les DVD musicaux ont connu eux une hausse respective de 243% et 51% en 2003 et 2004 [2].
À noter au Québec, petite particularité. Si comme ailleurs les ventes de CD ont diminué en 2003 et 2005, elles ont par contre augmenté en 2004. Il s’agit d’une exception.
On peut donc en conclure qu’il existe un problème, mais aussi des pistes de solutions.
La vente à la pièce et par abonnement semblent être les deux façons actuelles de vendre de la musique en ligne.
S’il achète chez iTunes ou Puretracks (Bell, Telus, Futureshop), l’internaute doit débourser un montant pour chaque chanson qu’il télécharge. Il doit ensuite se plier à quelques règles quant à l’utilisation de la chanson, mais celle-ci est à lui pour de bon.
S’il décide plutôt de s’abonner au service de Napster, ou encore le tout nouveau de Yahoo Music Unlimited, il pourra télécharger autant de musique qu’il le désire pour le prix d’environ 10 chansons par mois (environ 10$US). Par contre, aussitôt son abonnement terminé, toutes ses chansons deviendront obsolètes.
Est-ce que ces modèles peuvent répondre à tous ? J’en doute, car actuellement, certains problèmes persistent et freinent toujours ce marché.
Les utilisateurs d’internet deviennent de plus en plus accrocs à la liberté que leur permet leur médium préféré. Actuellement, peu importe le modèle de vente de musique qu’il choisit, l’acheteur de musique ne pourra faire ce qu’il veut (légalement et de bonne foi) avec la musique qu’il achète. Avec iTunes, il ne pourra la sortir de son iPod pour l’écouter ailleurs, avec Yahoo ou Napster, il ne pourra la graver sur un CD pour l’écouter dans sa voiture.
Pas évident que cela correspond à la liberté à laquelle se sont habitués les internautes, c’est encore plus limitatif que le bon vieux CD !
Pour vendre en ligne, il faut avoir une attitude Web. Les internautes feront subir la conséquence économique à tous les modèles qui ne le sont pas assez.
Voici selon moi, les conditions de succès de la vente en ligne :
Finalement, il est important d’offrir une valeur ajoutée aux internautes pour démarquer son service du simple magasin de musique. www.pandora.com est un excellent exemple : une radio en ligne totalement interactive qui prend en note les préférences de l’internaute, apprend de celles-ci et propose d’autres musiques susceptibles de l’intéresser. Un modèle 100% interactif qui va plus loin et qui permet la découverte.
Des rumeurs affirment qu’Amazon arriverait avec un modèle de vente de musique en ligne qui répondrait à toutes les conditions : modèle hybride (abonnement ou à la pièce), moins de restrictions d’utilisation, lecteur MP3 Amazon à bas prix offrant une expérience intégrée et un énorme réseau de distribution hyper segmenté via ses centaines de milliers d’affiliés.
Soyez Web plutôt que répliquer des concepts traditionnels en ligne. On en a encore à apprendre des « pure players » !.
Tags: Ergonomie Web Stratégie Internet Amazon Apple Bell Contenu payant Ergonomie iTunes Musique Radio
[1] Canadian Recording Industry Association
[2] Martin, Claude, Laboratoire de culture Populaire, données de Nielsen Soundscan, 2005

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