Pourquoi j’ai retourné ma Apple Watch

par
   

 AppleWatch3 (1)

Cette année, peu de produits technologiques ont été aussi attendus et rapidement discrédités que l'Apple Watch. La montre était attendue avec énormément d'anticipation parce que, un peu comme la compagnie de Cupertino l'avait fait pour les lecteurs MP3, les téléphones intelligents et les tablettes, plusieurs s'attendaient à ce qu'Apple nous montre la prochaine phase de la révolution numérique.

Finalement, l’offre d’Apple (messages et mise en forme) est assez similaire à celle de Google (Google Now et autres alertes). Ce manque d’originalité et la publication de données faisant état des ventes en chute libre (environ 90 %) ont solidifié pour plusieurs l’opinion selon laquelle cette catégorie de produits n'est pas susceptible d'intéresser un large public.

Cependant, plusieurs produits technologiques ont un impact beaucoup plus important que leur pitch initial ne le laisse entrevoir. Par exemple, celui de l'iPhone - l'Internet dans votre poche - ne laissait pas entrevoir la révolution de l'App Store et des applications mobiles.

Après avoir utilisé l’Apple Watch pendant quelques semaines (même si j’ai retourné ma montre!), je suis convaincu que l’Apple Watch fait partie de cette catégorie de produits, qu’elle va transformer notre rapport avec la technologie et que les compagnies ont tout intérêt à investir des sommes d’argent importantes pour intégrer l’Apple Watch à leur offre numérique.

Une révolution différée

Le principal problème de l’Apple Watch est qu’il s’agit à la fois d’un objet et d’un point d’entrée à un écosystème. Qu’au moment de l’achat, seules les capacités inhérentes à l’objet sont prises en compte (la messagerie, le suivi des activités de mise en forme ou des notifications à la Google Now), alors que le réel intérêt de l’Apple Watch réside dans le rôle qu’elle joue à matérialiser plusieurs tendances en marketing numérique, nommément :

  • Les interfaces invisibles (no interface)
  • Le marketing personnalisé et one-to-one
  • Les assistants personnels (comme Google Now et maintenant le Proactive Assistant)

Et c’est justement parce que l’Apple Watch s’inscrit dans ces nouvelles tendances que tant de critiques ont souligné que l’autre élément important de l’offre, les applications, n’étaient pas à la hauteur des attentes : comme l’Apple Watch n’est pas qu’une plus petite interface, on ne peut pas appliquer les anciens codes (comme ceux des téléphones intelligents) à cette nouvelle catégorie. Il faut prendre le temps d’analyser et d’intégrer les interactions qu’elle encourage et les intégrer au design de nos services et applications. Tant que les nouveaux modes d’interactions ne seront pas compris et utilisés, l’utilité des applications sera grandement limitée.

Tout est dans le contexte

L’Apple Watch ne sert pas à consommer du contenu, mais à effectuer des actions. Je la veux pour :

  • Voir rapidement où se déroule ma prochaine rencontre
  • Prendre un numéro dans une file
  • Entrer dans ma chambre d’hôtel sans avoir à passer par la réception
  • Demander à ma voiture de faire du bruit lorsque je ne la trouve pas dans le stationnement du centre commercial
  • Payer mon épicerie sans devoir sortir sans sortir mon portefeuille
  • Rentrer chez moi sans sortir mes clés
  • Etc.

Dans un tel contexte, l’idée même « d’application » requiert une redéfinition profonde : elle n’est plus une destination, mais plutôt une interface avec un univers plus large.

Par exemple, à quoi ressemblerait une application qui s’adapte en fonction du contexte? Elle ne serait surement pas la même en succursale qu’à l’épicerie. Dans un cas, elle permettrait de signaler la raison de sa visite et se mettre en file, tandis que dans l’autre, elle pourrait indiquer que l’on a dépassé son budget.

Sous cette optique, il est plus facile de comprendre pourquoi une alerte peut offrir plus de valeur qu’une application comme celle de Digg.

AppleWatch2

AppleWatch1

De plus, les gains résultant de l’offre d’une expérience de qualité sont énormes. Un peu comme Google est capable de présenter la bonne publicité parce qu’il connait les intentions de recherche des visiteurs, il serait possible d’encourager un comportement précis parce que l’on sait précisément qui il est, où il se trouve et ce qu’il veut faire. Un client heureux est un client fidèle et, surtout, plus profitable.

Un écosystème en construction

Apple est très conscient que la promesse n'est pas encore réalisée. Les améliorations continues apportées à Siri, le lancement de « Proactive Assistant » (concurrent de Google Now) ainsi que l’indexation du contenu dans les applications sont toutes des initiatives pour rendre l’écosystème d’Apple plus intelligent et plus proactif.

Cependant, Apple sait aussi que la réalisation de cette vision requiert la participation active des grandes et moyennes entreprises ainsi que des particuliers (notamment pour la domotique). Les multiples kits de développements et cadragiciels de gestion comme HomeKit visent à faciliter la transition, mais ne suffisent pas. Pour effectuer le virage correctement, ces entreprises devront se commettre et faire des investissements à trois niveaux.

D'abord, au niveau matériel : pour que l’objet intelligent reconnaisse un lieu, il faut mettre en place l’infrastructure nécessaire à sa détection. Cela peut prendre la forme de beacons (comme les ibeacons), de configuration ou l'ajout d'appareils spéciaux aux systèmes de réseau (WiFi), etc.

Ensuite, au niveau logiciel, cela implique le développement des capacités pour offrir des services plus « intelligents » qui « savent » qui est le client, et qui peuvent répondre de manière appropriée et en temps réel. Par exemple, un rabais sur un produit (basé sur l'historique de navigation Web) lorsque le client passe en succursale.

Finalement, au niveau applicatif, cela implique de repenser la manière dont on design l'expérience de l'usager et conçoit les différentes interfaces des applications qui captent les informations sélectionnées par les logiciels de personnalisation et les affichent au bon moment.

La bonne nouvelle, c’est que presque toutes les capacités nécessaires à la mise en place de ce type d’expérience avec l’Apple Watch peuvent ensuite être déployées sur les téléphones intelligents, sur les montres Android Wear* (et même sur le Web!) et que bien peu d’entreprises peuvent se vanter d’avoir ses capacités.

En somme, même si l’Apple Watch n’est pas encore largement adoptée, les investissements requis pour offrir une expérience de qualité sont rentables parce qu’ils nous forcent à mettre en place l’infrastructure nécessaire pour améliorer nos capacités de ciblage en marketing!

Un futur proche

Actuellement, comme peu d’entreprises offrent ce genre d’expérience et,que mon environnement n'est pas très intelligent (hélas, je n’ai pas de Thermostat Nest ou de Tesla!), j'ai retourné mon Apple Watch. Mais nous ne sommes pas très loin de réaliser cette vision et, à ce moment là, j'en rachèterai une sans hésitation.

 

*Par exemple, pour être en mesure de cibler individuellement un utilisateur, il faut intégrer différents systèmes et développer des API pour que l'application puisse chercher facilement les informations dont elle a besoin pour offrir la meilleure experience; des capacités non-négligeables que peu d'entreprises peuvent se vanter d'avoir développé.

 M'abonner au Point de Repère

Chaque mois, soyez au fait des trouvailles, des bonnes pratiques et de nos nouvelles avec l’infolettre d’Adviso. À tout moment, il vous sera possible de vous désabonner. Politique de confidentialité.

Si vous préférez, écrivez-nous à

conseil@adviso.ca

Ou téléphonez-nous directement au

514 598 1881

Merci de votre demande!

Vous recevrez une réponse de notre part sous peu.

×

Une erreur est survenue

S’il vous plaît nous contacter directement par courriel à l’adresse conseil@adviso.ca ou par téléphone au 514-598-1881. Merci !

×

 

COMMENTAIRES

  1. Greg Georges

    Très intéressant comme article. Je suis du même avis, pour moi le Apple TV (nouvelle télévision Apple) aura un plus gros impact à court terme que l’iWatch. En gros, le potentiel d’un écran géant au centre de nos univers va changer toutes les règles du marketing traditionnel.

    Répondre

Laisser un commentaire

XHTML: Balises autorisées <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>