
Au départ, on pouvait voir Google+ comme un vulgaire concurrent de Facebook, une pure réaction mégalomane du moteur pour avoir lui aussi son propre réseau social et être dans la tendance, etc. Mais je pense que l’objectif du réseau social de Google est ailleurs et beaucoup plus précis qu’il ne le laisse paraître. Tout du moins, beaucoup plus qu’à son lancement.
Ma réflexion a été déclenchée par les récentes annonces de Google sur des rachats ayant trait au local. En effet, lorsque Google n’arrive pas à récupérer une information et à la structurer convenablement, il l’agrège depuis d’autres sites, voire il se la paie.
On a donc assisté au rachat de sociétés telles que Clever Sense (recommandations de restaurants/bars /cafés, etc.), DailyDeal (sorte de Groupon européen), Zagat (guide sur les restaurants), et autres. On a aussi vu le lancement de produits tels que Google Offers qui permet aux entreprises de mettre de l’avant leurs rabais, ou de Google Checkout, un système de paiement multiplateforme.
De là, je me suis dit que Google a pour vocation certaine de maitriser toute la chaine du local. L’acheminement pourrait alors être le suivant : recherche locale sur le moteur, prise d’informations et retours sociaux par le biais de Google+, puis conversion par une prise de contact (via les coordonnées) ou paiement avec rabais via Google Checkout et Google Offers.
Ce n’est d’ailleurs pas anodin que Google ait intégré son ancien format de fiches Google Local pour les entreprises au sein de son produit Google+. On a également vu l’apparition au même moment d’un onglet « Local » dans la barre de navigation de Google+.
Qui sont alors les véritables concurrents de Google+?
Si l’on se place d’un point de vue purement SEO et résultats des SERP, les concurrents directs sont les annuaires d’entreprises (tels que Pages Jaunes, Canada411, Yelp, etc.), mais aussi tous les sites de critiques et d’avis de commerces locaux.
Pourquoi? Tout simplement parce que ce sont les seuls à disposer des mêmes atouts que Google+ qui sont :
- La géolocalisation par cartographie;
- L’avis de clients/utilisateurs; et
- La conservation des données dans un compte utilisateur accessible via toutes les plateformes, point très important à l’heure du mobile.
Ces 3 promesses sont d’ailleurs mises de l’avant sur la page d’accueil du site de Pages jaunes Canada et on les retrouve également sur des sites tels que Cityvox.
Seulement, à la différence de ces joueurs-là, Google se situe en premier dans la chaine de recherche d’information et il peut choisir ce qu’il affiche dans ses résultats, ce qui représente un gros avantage.
Prenons l’exemple de quelqu’un qui fait la recherche « garage auto à Montréal » dans Google. Il aura en 1re et 2e position des résultats en provenance de Yellow pages, mais, par la suite, que des résultats issus de fiches Google+ ainsi qu’une grosse carte Google Maps sur la droite des SERP qui renvoie elle aussi vers des fiches Google+.
Même constat dans un autre secteur d’activité sans préciser la localisation pour la recherche « restaurant indien», où les 3 premiers résultats proviennent du site restomontreal.ca spécialisé en avis de restaurants (concurrent direct de Zagat, appartenant depuis peu à Google, vous vous souvenez?). Et on retrouve d’ailleurs directement les notes en provenance de Zagat intégrés dans les fiches Google+ des restaurants.
Vers un repositionnement du réseau social, mais toujours avec la ligne de conduite Google
Google affiche clairement sa détermination à couper l’herbe sous le pied des intermédiaires comme il l’a fait dans le domaine du voyage avec le lancement de Google Flight Search ou avec les comparateurs avec Google Shopping.
À mon avis, les avantages concurrentiels de Google sont les suivants :
- Google est probablement le point d’entrée le plus important du Web dans la plupart des pays. Il peut donc orienter très facilement les personnes effectuant une recherche locale vers ses fiches Google+ directement ou indirectement (par les résultats de Maps par ex).
- Le réseau prend de l’ampleur, car toute personne disposant d’un compte Gmail possède par défaut un compte Google+. C’est important pour l’aspect social des recommandations. Un utilisateur pourra très simplement voir si des personnes de ses cercles ont recommandé un endroit via Google+.
- Google dispose d’une multitude d’outils pouvant être exploités pour le référencement local et qui sont déjà des incontournables du quotidien pour un grand nombre de personnes. On peut imaginer, demain, la possibilité de planifier directement la visite d’un lieu via son Google Agenda en utilisant Maps pour s’y rendre. Google, connaissant alors votre heure d’arrivée dans l’endroit, pourrait vous faire un push avec les coupons promotionnels disponibles à ce moment-là pour les commerces aux alentours.
- Google offre une solution de paiement en ligne. Il est, par exemple, facile de réserver un Hôtel depuis une fiche Google+, ce qui n’est pas le cas pour le même établissement par la fiche de Pages jaunes, à titre d’exemple. Là encore, avec Google Checkout relié à votre compte Gmail, vous n’auriez qu’à choisir votre date de réservation d’hôtel pour ensuite cliquer sur un bouton effectuant le paiement.
La force de Google dans tout ça est qu’il est devenu le point d’entrée principal sur le Web dans de nombreux pays et que vous pourrez faire toutes vos recherches et actions relatives au local sans même quitter son écosystème.
Et pour le moment, ce ne sont pas les annuaires d’entreprises, ni les réseaux sociaux orientés local (page d’entreprises Facebook par exemple) qui disposent d’autant d’atouts, mais bien Google+.




Bonjour et merci pour cet article très informatif,
Au début, tout le monde pensait que le réseau social de google ne fera pas le poids, mais maintenant on voit bien qu’il a plus d’un tour dans son sac, et ce sont les annuaires d’entreprises qui en paient le prix.
Bien d’accord avec cette analyse. Merci.
Google est un joueur à long terme. Ils sont, à tort, comparés à des « one-trick ponies » comme Yelp ou Foursquare (ou Facebook qui tente déséspérément d’apprendre des tricks additionnels, sans succès), mais l’approche purement empirique de Google pourrait l’emporter. Je reste quand même perplexe sur l’expérience d’utilisation globale à l’arrivée. Comment faire évoluer autant de complexité de manière cohérente et compréhensible aux utilisateurs? C’est un sacré défi.