Avec la percée exceptionnelle de l'iPad cette année, la montée en flèche d'Android aux US, et la présence de l'iPhone et iPod Touch assez marquée sur le marché du mobile, beaucoup d'entreprises / marques se posent la question de faire ou ne pas faire une App.
Les 5 questions qui reviennent le plus souvent sont:
- Pourquoi un site web mobile et pas une App ou les deux?
- Est-ce que ma présence dans un App Store va me donner plus de visibilité?
- Quels sont les coûts reliés à une App?
- Sur quelle plateforme développer son App?
- Qu'est-ce que veulent les utilisateurs?
Pour vous aider dans votre réflexion, je vais commencer par répondre à la première question dans cet article, les deux suivantes dans un second et les deux dernières dans un troisième article.
1. Pourquoi un site web mobile et pas une App ou les deux?
Pour pouvoir répondre à cette question, il faut d'abord faire le point sur ce qu'est une App et ce qu'est un site mobile :
Un site mobile est un média auquel on accède grâce à un outil (le navigateur) pour atteindre des types de contenus (nouvelle, fiche produit, vidéo, photo, etc.).
Une App est un outil spécifique qui permet d'utiliser, de modifier, d'accéder à un type de contenu.
Le problème, c'est qu'un site mobile peut devenir un outil grâce à des technologies comme le HTML 5 (ou Flash pour les mobiles autres que ceux d'Apple). Ainsi, cela floute les frontières et la différence réelle entre une App et un site mobile.

Les différences majeures entre une App et un site mobile
Cependant, il existe quand même deux grandes différences en termes de fonctionnement :
Une App peut utiliser les applications internes du mobile ainsi que les données de celles-ci. Pour des raisons de sécurité et de respect de la vie privée, ce ne sera jamais possible pour un site mobile. Par exemple : vous pourriez utiliser les contacts du carnet d'adresses de l'utilisateur dans votre App, mais pas avec votre site mobile.
Une App est optimisée et écrite dans le langage du mobile. Elle est donc plus performante. En effet, une App est lancée directement par le système et ne sera pas bridée par les performances du navigateur natif qui lance le site mobile.
Les autres points à considérer
Nous ne pouvons pas nous arrêter à ces deux points sauf s'ils sont des facteurs impératifs dans la conception du projet. Il existe d'autres points à prendre en considération qui influenceront surement votre choix pour l'un ou l'autre :
- La portabilité: il existe des outils de développement cross-plateformes pour les Apps, mais globalement un site web mobile s'adapte mieux aux différentes plateformes, et ce, même s'il est confronté à des problèmes de différence d'implantation du HTML 5 par les navigateurs mobiles (principalement celui de BlackBerry) comme nous l'avons connu avec Internet Explorer 6 pour les navigateurs d'ordinateur de bureau.
- La taille du marché: pour un site mobile, la taille du marché est égale à la totalité des internautes mobiles. Pour une App, elle équivaut aux détenteurs de la plateforme pour laquelle l'App a été développée et qui possèdent un compte sur l'App Store de la plateforme. L'impératif d'avoir un compte peut complexifier l'accès à l'App comme avec l'App Store d'Apple qui nécessite une Apple ID avec une carte de crédit ou une carte-cadeau associée au compte.
- La modification des clauses d'utilisation de l'App Store: une App est toujours à la merci d'un changement des clauses d'utilisation de l'App Store contrairement à un site mobile pour lequel vous gérez vous-mêmes les clauses d'utilisation.
- Le temps de la mise en marché: un site mobile sort sur le marché lorsque vous l'avez finalisé, mais une App doit passer par un comité de vérification et de certification afin qu'elle puisse apparaître dans l'App Store de votre choix. Pour Apple, cela prend 22 jours pour le placement dans l'App Store (si vous avez bien respecté les règles et contraintes d'Apple) auquel il faut rajouter 36 jours pour recevoir le premier paiement d'Apple si votre App est payante.
- La distribution: le fait de devoir passer par un App Store et de devoir télécharger l'App peut être un frein pour l'utilisateur. Actuellement, ce n'est presque pas le cas puisque les App Stores profitent de leur lancement relativement récent et de l'acquisition nouvelle et grandissante de Smartphone par la population. Mais que se passera-t-il lorsque l'engouement de la nouveauté sera passé? Par contre, lorsque l'utilisateur a un compte avec une carte de crédit liée, il est beaucoup plus sujet à faire des achats impulsifs que sur un site mobile où il devra entrer à chaque fois ces coordonnées et données bancaires.
- L'utilisation des liens hypertextes: dans un site mobile, c'est comme pour un site web classique, lorsque l'on voit un lien on peut cliquer dessus et arriver ailleurs tout en restant dans le même outil avec la même interface. Dans une App, pour qu'elle puisse permettre ce type d'utilisation, elle doit soit lancer le navigateur natif et perturber le flux d'utilisation de l'utilisateur qui est éjecté de l'App, soit avoir un pseudo navigateur à l'intérieur de celle-ci. Cependant, cette fonctionnalité n'a souvent pas un comportement identique à celui du navigateur natif qui est connu par l'utilisateur et une bonne intégration avec l'App.
- L'isolement: une App vit en autarcie par rapport aux contenus web, à l'exception des données récupérées par API comme pour les flux de données de Twitter, RSS, Facebook, etc. Par exemple, il n'est pas possible d'avoir le bouton «Like» de Facebook dans une App. Par contre, elle peut permettre de partager un contenu produit ou lu sur Facebook ou Twitter. Et si l'utilisateur veut partager par courriel, il pourrait avoir accès aux adresses courriel de son carnet d'adresses présent dans son mobile ce qu'un site mobile ne pourra pas faire.
Update: la partie 2 de cet article est maintenant en ligne. Vous pourrez y retrouver les réponses aux questions:
2. Est-ce que ma présence dans un App Store va me donner plus de visibilité?
3. Quels sont les coûts reliés à une App?




Bravo! Enfin une explication claire à laquelle on peut pointer pour faire comprendre la différence aux clients et autres individus qui veulent « faire du mobile »
Merci!
De rien!
N’hésites pas à revenir la semaine prochaine et celle d’après pour les deux parties suivantes de l’article.
Excellents points, merci beaucoup, j’ai hâte de lire la suite de la série !
Cette question éternelle nous revient toujours.
Je crois que ton article est un bon début mais la réponse ultime ne reviens pas nécessairement à un ensemble de points spécifiques sur lequel on doit appuyer notre décision.
Les requis du clients nécessitent une analyse approfondie pour déterminer quel chemin prendre.
Dans certains cas, au premier coup d’oeil, la solution site mobile semble la mieux désignée. Cependant après avoir testé les cas d »utilisations et les gestuels voulues on se retrouve souvent de l’autre coté avec une solution ‘app’ afin d’obtenir la performance et le fini visuel voulu.
En bout de ligne c’est une question d’analyse concrète des requis du client et d’informer celui-ci du pour et du contre de chaque solution pour son application à lui.
Martin
Merci pour ce commentaire très pertinent, Martin!
Il est clair qu’il ne faut pas prendre cet article (et ceux qui suivront) comme étant un modèle exhaustifs dans le choix du développement d’une App et / ou d’un site mobile.
N’importe quel (bon) spécialiste vous dira qu’il faut faire une analyse préalable sur les besoins des utilisateurs, les besoins d’affaires et les besoins marketing (visibilité de la marque). C’est en partant de ces analyses que vous pourrez réellement définir le meilleur choix dans votre cas spécifique.
Ces articles ont été (sont) rédigé(s) dans le but d’amener les non-spécialistes à ne pas envisager QUE le développement d’une App juste pour faire une App. C’est souvent le cas, car les sirènes du marketing d’Apple sont tellement bonnes et omniprésentes que les non-spécialistes ne voient plus que cette solution sans réfléchir aux autres possibilités.
Aussi, je me suis rendu compte que peu de gens (spécialistes, à l’exception peut-être des développeurs, et non-spécialistes) ne connaissent réellement toutes les possibilités et les limites dans le développement d’un site mobile avec de nouvelles technologiques comme le HTML5. Ainsi, je souhaitais, par ces articles, offrir mes recherches sur le sujet et, de fait, ouvrir les possibles…
J’aurais peut-être dû expliquer ce contexte d’écriture dans ce premier article… c’est maintenant chose faite
Excellent. J’ai très hâte de lire la suite de cette série. Et je vais commenter c’est sur.
[...] Le marché des applications ne cessera de croitre. En 2010, 69% des Américains possédant un téléphone intelligent auraient téléchargé une application. Selon Distimo, il y a eu 3 000 000 téléchargements quotidiens d’application mobiles aux États-Unis en décembre 2010 dont environ 10% étaient des applications payantes. De plus, les modèles d’affaires des applications se raffinent. On voit souvent des offres de versioning (payante, lite et HD pour iPad), des promotions croisées ou supplémentaires (upsell) à même l’application et ce marché est en plein essor: on prévoit une augmentation de 600% des revenus générés a même l’application en 2011. En fait, le dilemme de bien des marketers sera de créer un site mobile et/ou une application. [...]