Foursquare: bilan et opportunités d’affaires
Publié le 3 août 2010 par Christophe CamartMon collègue Jean-Sébastien publiait fin 2009 un billet sur Foursquare, réseau social basé sur la localisation, et en conseillant à juste titre de le surveiller. Nous voici maintenant au beau milieu de l’année 2010, année consacrée par beaucoup de commentateurs de l’industrie comme l’année de la géolocalisation.
Alors… Qu’advient-il de Foursquare ? Qu’en est-il de son évolution, est-ce que le buzz autour de Foursquare est chose du passé, est-ce que le réseau à un avenir, y’a t-il des opportunités d’affaires sur Foursquare ? Je tenterai d’y répondre.
Foursquare en chiffres
Tout d’abord, voici quelques chiffres à propos de Foursquare tirés de plusieurs sources telles que Crunchbase, Mashable ou le site Startup Data:
- Au jour d’aujourd’hui, Foursquare avoisinnerait les 2,4 millions d’utilisateurs à travers le monde.
- Il y aurait plus de six millions de localités (venues) sur Foursquare.
- Dans les 15 derniers jours, en moyenne 20,000 nouveaux utilisateurs quotidiens ont rejoint les rangs du réseau, soit le double par rapport au mois de mars dernier.
- Le 19 juillet dernier, Foursquare dépassait le cap des 100 millions de check-in, soit deux mois après avoir passé le cap des 40 millions de check-in. On comptait environ 16 millions de check-in en mars 2010, pour le premier anniversaire de la companie.
- En juin dernier, Foursquare a obtenu un financement de 20 millions de dollars auprès d’investisseurs de la Silicon Valley, dont Ben Horowitz et Marc Andreessen.
Avec tous ces chiffres en tête, autant dire que ça va plutôt bien pour Foursquare depuis les 6 derniers mois. Bien sûr, on est loin des 300,000 nouveaux utilisateurs quotidiens de Twitter, mais n’oublions pas les débuts relativement discrets de la compagnie de micro-blogging.
On aime Foursquare ou on le déteste
À ce jour, les opinions au sujet du réseau social sont très partagées, et parfois même extrêmes : on aime Foursquare ou on le déteste.
Souvent, les réfractaires de Foursquare ne voient pas son utilité, se sont lassés très vite, ou plus largement, ne comprennent pas le concept même de la géolocalisation et tous les enjeux sociaux et business qui y sont liés. Ceux qui l’apprécient l’utilisent par contre avec assiduité : soit pour amasser le plus de points ou remporter le plus grand nombre de titres de « maires », soit pour profiter des rencontres permises par Foursquare dans la « vraie vie », soit pour toutes ces raisons à la fois.
Avenir de Foursquare et opportunités d’affaires
Les 6 derniers mois ont eu beau être plus qu’encourageants, bien malin celui qui pourrait prédire l’avenir de la compagnie, l’évolution de son adoption au-delà de la masse critique des heureux geeks propriétaires de téléphones intelligents, ou encore la date de son rachat éventuel par les Facebook, Google ou Yahoo de ce monde.
Très récemment, la firme de recherche Forrester conseillait aux marketeurs de ne pas investir sur Foursquare, estimant que la masse critique d’utilisateurs était beaucoup trop faible pour le moment. De son côté, l’investisseur Ben Horowitz voyait Foursquare il y a un mois comme un « killer product » ayant à sa portée un marché gigantesque. Alors, qui croire ? Foursquare ne serait-il pas tout simplement le Twitter de 2006 auquel personne ne croyait, et qui a eu sa deuxième chance en 2009 en passant du « What are you doing? » au « What’s happening? » ?
Nombreuses sont les marques qui semblent entrevoir le potentiel de Foursquare: Le Wall Street Journal, MTV, CNN, The New York Times, Louis Vuitton, et j’en passe. Pas une semaine ne se passe sans qu’un billet traitant de Foursquare sur Mashable.com ne soit rédigé. La chaîne de restauration Domino’s Pizza a récemment déclaré avoir augmenté ses profits entre autres grâce à Foursquare. Même si le plan d’action de ces marques n’est parfois pas très limpide, et s’il reste difficile de mesurer avec précision le retour sur investissement d’une campagne sur Foursquare, il est des signes qui ne trompent pas.

Ce que j’en pense
Personnellement, je dois reconnaître publiquement mon addiction prononcée pour Foursquare, essentiellement pilotée par ma volonté de déloger mon collègue Frédérick de sa position de maire d’Adviso, mais aussi et tout simplement parce que j’aime le contexte amusant entourant l’application, et enfin parce que Foursquare me permet de rencontrer à l’improviste du monde de mon entourage lorsque je sais qu’ils ne sont pas loin, voire dans le même bar que moi.
Qu’on se le dise : que ce soit Foursquare ou un autre, avec ou sans lui, il arrivera un temps où la géolocalisation, qui n’en est qu’à ses premiers balbutiements pour le moment, jouera un très grand rôle dans nos activités sociales sur le réseau, pour finalement atteindre l’intégration complète et devenir une fonctionnalité de base qu’il appartiendra à chaque utilisateur d’activer ou non. Twitter a intégré la géolocalisation à ses tweets (au bon vouloir de l’utilisateur); Facebook est supposé dévoiler un système de géolocalisation depuis des mois qui sera peut-être un « game changer » si l’on considère l’immense masse critique d’utilisateurs du réseau; FlickR a emboîté le pas récemment; bref, les grands joueurs comme les plus petits s’y mettent.
Et vous ? Êtes-vous un utilisateur régulier de Foursquare ou d’une autre application de géolocalisation comme Gowalla ? Voyez-vous l’intérêt pour une compagnie d’investir dès aujourd’hui sur Foursquare ? la géolocalisation au sens large, vous y croyez ? Dites-le nous en commentaires de ce billet !
Autres billets
Tags: foursquare, géolocalisation, Gowalla, Réseaux Sociaux






août 3, 2010 à 15:21
L’investissement est tellement minime qu’il en vaut la chandelle pour une marque !
Un go pour moi !
août 3, 2010 à 20:43
Lors d’un récent voyage à New York, j’ai utilisé Foursquare pour ‘logger’ les endroits que j’ai visité. Mes ‘check-in’ sont maintenant inscrit de façon permanente dans mon calendrier Google (en important le ‘history feed’ de Foursquare, i.e. http://feeds.foursquare.com/history/….ics). De plus, j’ai utilisé de temps à autre l’application afin de trouver des sites d’intérêt à proximité.
Plus près de chez nous, la chasse aux ‘mayorship’ n’est pas encore répendue, mais forte entre mes amis et moi ☺
À plus long terme, je crois que Foursquare devrait incorporer un service de publication de critique (rating and critics), à la Yelp ou Trip Advisor. Je dis cela, entre temps je dois avouer que j’affectionne la simplicité de l’application mobile et du site dans sa forme présente.
août 3, 2010 à 20:52
Ne pas croire au potentiel des applications basées sur la géolocalisation comme Foursquare c’est nié l’importance de la géographie comme facteur économique.
août 4, 2010 à 10:07
Merci Simon, André et Cyrille pour vos commentaires !
Simon et Cyrille, je crois qu’on est bien d’accord. Cyrille, ton commentaire résume parfaitement ma pensée, c’est LA phrase que j’aurais voulu écrire quelque part dans mon billet
@André: Tu as apporté un très bon point en disant que tu utilisais Foursquare pour trouver des points d’intérêts à proximité. Il y a encore quelques mois, j’utilisais des applications comme « Around Me », mais maintenant j’ai adopté le réflexe d’aller sur Foursquare pour trouver rapidement un bar ou un restaurant à proximité. J’en profite pour y lire les conseils (« tips ») laissés par les utilisateurs, chose que l’on ne retrouve pas sur Around Me justement. Un petit système de « rating », genre la barre classique à 5 étoiles, pourrait être intégré lors de la soumission d’un conseil.
août 4, 2010 à 10:37
Concernant un système de « rating » sur Foursquare, je pense que l’approche serait de savoir ce que nos amis pensent d’une destination (« friend rating ») vs. la communauté (« overall rating »). Par contre, avec Foursquare, on peut déjà voir à quel endroit nos amis retourne à répétition… donc ils doivent aimer.
août 4, 2010 à 13:27
Moi et trois de mes amis nous sommes donnés comme défis de «checker-in» à tous les endroits ou nous nous rendions dans les deux dernières semaines. Amusant au début mais quelque peu lassant après quelques jours à checker-in chaque fois qu’on entre au bureau ou à la maison (pour ne pas parler des centre d’achats: y-a t’il une règle pour ça ou il faut checker-in à chaque boutique?).
Forrester mentionne (dans l’article cité plus haut) que 1% seulement des adultes connectés à Internet aux États-Unis utilisent des applications de géolocalisation plus d’une fois par semaine. Je ne sais pas pour Montréal, mais à Québec le pourcentage d’utilisateur est minime. Résultat, aucun défi à devenir maire d’un endroit (je suis présentement sur le cas de la Grande-Allée), très peu de «tips» et pratiquement aucune chance d’identifier une connaissance se trouvant à proximité.
Mon opinion après cette expérience de deux semaines est que Foursquare est pour l’instant plutôt une fonctionnalité intéressante à greffer à Facebook ou Twitter qu’un réseau social en soi. Elle demande idéalement un téléphone intelligent et le simple fait d’avoir à checker-in est une implication qui semble décourager certains, de ce que j’ai constater. Et, même si l’adhésion au site a augmenté de façon exponentielle dans la dernière année, je pense qu’il faudra du temps avant que le service soit adopté par une portion considérable de gens. L’arrivée du système de géo-localisation de Facebook devrait grandement aider.
Je malgré tout un utilisateur assidu, je ne sais pas pourquoi d’ailleurs
août 4, 2010 à 14:30
@André: Très pertinent en effet, le « friend rating » VS « overall rating ». C’est déjà bien d’avoir des opinions sur un restaurant avant d’y mettre les pieds, alors quand ceux-ci viennent de nos propres connaissances et amis, c’est encore plus appréciable! C’est toujours amusant d’ailleurs de faire un check-in quelque part et de voir apparaitre à l’écran un conseil écrit par un de nos contacts Foursquare !
@Francis: Je pense qu’il ne faut pas « virer fou » avec Foursquare, ou tout autre application de géolocalisation. J’estime en faire une utilisation relativement normale, disons que je ne fais pas forcément de check-in quand je fais mon épicerie ou que je passe 2 minutes acheter du lait chez mon dépanneur… Si je le fais de temps en temps, c’est plus pour m’amuser, pour participer au « leaderboard ». Mais je « check-in » avant tout pour pimenter à l’occasion mes soirées quand certains de mes amis me rejoignent à l’improviste après m’avoir repéré sur Foursquare.
C’est vrai aussi que ça peut devenir rapidement frustrant d’avoir à dégainer son téléphone pour faire check-in partout… des applications comme « Future Checkin » pour iPhone (http://itunes.apple.com/us/app/future-checkin/id384366232?mt=8 ) permettent d’automatiser le tout en arrière-plan, sans avoir à sortir son iPhone de sa poche, mais le GPS activé en permanence épuise en quelques heures la batterie du téléphone (j’ai testé). Voir l’article suivant de TechCrunch [EN]: http://techcrunch.com/2010/08/03/checking-in-foursquare-pocket/ ) D’ici un an ou deux par contre, peut-être moins, je suis persuadé que les check-in manuels seront choses du passé.
Je recherchais des statistiques sur l’utilisation de Foursquare à Montréal, mais je n’ai pas pu les trouver. De mémoire, je me souviens avoir lu quelque part qu’il y avait 30,000 utilisateurs de Foursquare à Montréal, mais je n’arrive pas à retrouver la source.
Pour Québec, d’après le site http://www.fourwhere.com, il y a quand-même un bon nombre de « venues » déclarées sur Foursquare, dans le coin de la Grande Allée, mais c’est peut-être justement toi et tes amis qui les avez toutes créées ?
Enfin, c’est certain que le jour ou Facebook se décidera et emboitera le pas, qu’il s’allie à Foursquare ou qu’il y aille en solo, la géolocalisation prendra une place soudainement bien plus importante.
août 4, 2010 à 17:15
La geolocalisation comme facteur discriminant dans à la fois le ciblage des prospects pour les marques et celui des produits/magasins physiques pour les clients, dans le même temps, me parait un enjeu majeur que Foursquare aborde par le ludique mais qui sera par Facebook ou un autre réseau social rapidement incontournable.
Je travaille dans le ecommerce et ce genre d’ appli préfigure pour moi le chainon manquant entre la distri web et la distribution classique.
Pourquoi pas demain s amuser en effet à faire ses courses, sortir au resto, en boite ou prendre un verre, et si en plus on nous attend avec une réduction ou offre personnalisée …Ce que les sites web ecommerce ont intérêt à vite comprendre s ils ne veulent pas se faire ringardiser par des réseaux sociaux qui ajouteraient la casquette L Commerce, c est que d’ ici 5 ans voire avant on n achetera plus une grande partie de biens de conso majoritairement par Desktop mais avec notre mobile, par un réseau social qui aura a la fois intégré la géolocalisation, les avis de notre réseau perso et pro, et aura pour nous des offres personnalisées par les marques / distributeurs. Foursquare réincarne les
internautes et en ce sens préfigure une tendance de fond du mix Internet/retail des prochaines
années. C est passionnant et cela donne des idées pour créer sa boite pour tout vous dire !
août 6, 2010 à 10:50
En définitive, les gens cherchent actuellement la formule pour profiter intelligemment de la capacité accrue en matière de géolocalisation. Nous sommes encore au tout début d’une démarche de recherche qui tatonne. Foursquare a pris le pari du ludique surtout… mais pas seulement. Il est clair que les gros joueurs regardent tout ça attentivement et feront bientôt leur « move » (acquisition, lancement d’application, etc).
Chose certaine (comme géographe de formation… j’ai pas de mérite Christophe
l’espace, comme le temps, sont incontournables pour toute activité humaine.
août 19, 2010 à 21:28
Suggestion,
Ca serait bien d’avoir un peu plus de variete dans les billets….y a pas juste les medias sociaux
août 30, 2010 à 20:33
Non, je suis bien d’accord. Toutefois, les archives du blogue d’Adviso regorgent de billets qui ne parlent pas des médias sociaux
Nous allons essayer de varier nos sujets.
Merci !
février 4, 2012 à 2:35