Journaux en ligne : est-ce le temps de se désindexer de Google?

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Le contenu payant sur Internet suscite depuis des années de nombreuses discussions. Les dernières semaines ont par contre été fastes en attaques, prises de positions et ajustements de tir de différents joueurs. Pensons notamment à Rupert Murdoch qui a annoncé vouloir désindexer son contenu de Google. On a appris ensuite que des négociations étaient en cours entre Microsoft et de nombreux éditeurs afin que ceux-ci se retirent de l’index de Google et ne soient disponibles que par Bing (Microsoft étant prêt à payer cher pour avoir du contenu exclusif sur son moteur de recherche qui ne réussit toujours pas à passer la barre des 10% de part de marché). Google est ensuite entré dans l’arène pour tenter de calmer le jeu en réitérant les possibilités qu’ont les journaux pour mieux utiliser Google et en modifiant les règles de son programme « First click free » .

Les prochains mois continueront à faire couler beaucoup d’encre sur le sujet puisque de plus en plus de journaux ne peuvent se fier qu’aux revenus publicitaires et cherchent à trouver des façons de faire pour faire payer leur contenu. On peut aussi prévoir que les récents débats (et les pertes monétaires massives de plusieurs journaux) accéléreront les changements dans cette industrie. En attendant, comment les éditeurs ayant décidé de maintenir un modèle payant devraient-ils agir envers Google ?

« First Click Free », paiement pour l’intégralité du contenu ou désindexation

La désindexation de Google n’est tout simplement une option qui devrait être envisagée par les journaux. Il est vrai que les visiteurs provenant de Google ne sont pas nécessairement aussi engagés envers un journal que s’il y était allé directement, mais on ne peut décider de perdre aussi radicalement de 20 à 60% (benchmark sommaire de plusieurs joueurs dans l’industrie du contenu en ligne) de son trafic sans un plan bien ficelé. À ce sujet, Éric Schmidt n’a pas tout à fait tort lorsqu’il mentionne :

“We send online news publishers a billion clicks a month from Google News and more than three billion extra visits from our other services, such as Web Search and iGoogle. That is 100,000 opportunities a minute to win loyal readers and generate revenue—for free.”

L’option du « First Click free » sera probablement encore modifiée par Google dans les prochains mois car elle n’est vraiment pas à l’avantage des journaux. En effet, même si on limite à 5 le nombre de visites gratuites provenant de Google plutôt qu’aucune limite selon l’ancienne règle, il est toujours trop facile pour l’internaute d’accéder à l’ensemble du contenu d’un journal sans payer.

Finalement, l’option d’offrir un résumé ou un aperçu du contenu payant semble être actuellement la meilleure approche. En optimisant ces contenus pour les moteurs de recherche, il y a fort à parier que ceux-ci pourront obtenir un bon positionnement dans Google même si l’ensemble de l’article n’est pas offert gratuitement. L’internaute aura ensuite le choix de se demander si cet article vaut assez cher à ses yeux pour le payer ou s’inscrire au site.

Des changements fondamentaux devront être mis en place

Cela étant dit, il est certain que des changements majeurs doivent être opérés par les éditeurs qui désirent que les internautes payent pour leur contenu qui vont bien au-delà d’être ou ne pas être indexé dans Google. Avec la compétition de plus en plus intense qu’a permis Google en anéantissant les barrières à l’entrée pour devenir un éditeur, ces derniers doivent réinventer leur organisation pour pouvoir tirer leur épingle du jeu dans ce nouvel environnement.

Si on compare à l’industrie de la musique, iTunes a été une des solutions au problème de l’industrie et non celui qui a causé sa perte. En effet, si ce n’était d’iTunes et de l’idée de vendre de façon aussi simple des chansons à 0,99$, est-ce qu’il y aurait une industrie de plusieurs milliards de dollars de vente de musique en ligne ? Probablement pas puisque tous téléchargeraient leur musique gratuitement comme c’est actuellement le cas avec les nouvelles et les autres contenus textuels en ligne.

Si l’avenir des journaux passe par le micro-paiement, les éditeurs doivent se demander quels sont les articles qui risquent d’inciter un internaute à payer 0,05$, 0,10$ ou 0,25$ puisque plusieurs contenus produits aujourd’hui par nos journaux ne passent pas la barre. De plus, ils devront s’activer puisque Google travaille déjà activement à développer un système de micropaiement pour les journaux et pourrait donc ravir encore plus de dollars aux journaux qu’il ne le fait déjà selon plusieurs.

 

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