Guy Kawasaki donne 10 conseils pour innover au Rendez-vous 2009 de Challenge Your World
Publié le 23 novembre 2009 par Jean-Sebastien
Dans le cadre de la conférence rendez-vous 2009 de Challenge Your World, le célèbre Venture Capitalist Guy Kawasaki nous a donné 10 conseils à suivre pour innover lorsqu’on se lance en affaires.
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1.      Conçois un produit que tu voudras utiliser (Build what you want to use)
A priori, les gens s’acharnent trop souvent à essayer de créer un produit qui reflète les besoins du marché. On suit les tendances, les études de marché; on écoute les gens ce qui génère de l’argent. C’est faux, il faut revenir à l’essentiel. Vous devez plutôt créer un produit que vous voulez utiliser. Oublions les études, les focus groups et concentrons-nous seulement à répondre à un besoin qui est présent. En fait, on oriente notre stratégie de développement autour d’un facteur : le besoin de nos consommateurs (actuel ou futur)
Les compagnies lancent leur produit pour ensuite le faire évoluer de 20 % toutes les années. En fait, il faut trouver le point d’innovation qui permettra de changer de courbe d’évolution. Kawasaki illustre son point en donnant l’exemple de l’industrie de la glace : la 1ere courbe était la récolte de glace sur un lac gelé. La 2e courbe était la production de glace dans une manufacture et sa livraison. La 3e courbe est le réfrigérateur. La clé de l’évolution n’est pas la production de la glace, mais faciliter l’accès à la glace. Innover c’est répondre à la courbe d’évolution des besoins réels des consommateurs.
2.      Ne paie jamais pour les outils (Pay 0$ for tools)
L’objectif en démarrage d’entreprise est de minimiser les coûts de lancement. En fait, il suffit de couper dans les centres de coûts ne générant pas de valeur. Les outils vous aidant à l’administration de votre entreprise sont maintenant gratuits ou peu dispendieux. L’open source est la clé pour bien des tâches notamment Open Office, Google Docs ou MySQL.
3.      Ne paie jamais pour le marketing (Pay 0$ for marketing)
Au lancement de votre produit, l’utilisation des réseaux sociaux remplace le placement publicitaire ou les firmes de relations publiques. Vous avez le plein contrôle sur la communication, vous devenez le propre ambassadeur de votre marque.
4.      N’essaie pas de lécher les bottes des inatteignables (suck down/across)
Vous perdrez trop de temps et d’énergie à tenter de contacter et de convaincre les grands influenceurs, journalistes, chroniqueurs ou autres. Investissez plutôt votre temps à diffuser votre message au plus grand nombre de personnes possibles (les nobody), surtout à ceux qui utiliseraient potentiellement votre produit. Favorisez le partage d’information entre ces personnes. C’est la base du marketing viral : tirer le plus large possible pour obtenir la plus grande répercussion possible. En fait, si plusieurs nobody parlent de votre produit, les influenceurs voudront parler de vous.
5.      Utilise Twitter et Tweetmeme
Pour Kawasaki, Twitter, c’est comme la CIA. On peut savoir ce qui se dit sur notre marque en temps réel grâce à Twitter Search. C’est l’idéal pour connaître l’opinion des gens sur une thématique liée à notre produit pour ensuite s’immiscer dans une conversation et ainsi obtenir plus de followers.
Tweetmeme et sa puce de votation sont les principaux outils de partage pour vos contenus. Tweetmeme est le nouveau Digg (j’approuve) et son impact est supérieur. 50 tweets valent plus que 50 diggs : chaque tweet est vu en moyenne par plusieurs followers différents contrairement à Digg où les contenus sont vus par les mêmes personnes.
6.      Ne paie jamais pour les gens (pay 0$ for people)
Le moment que je n’ai pas apprécié de la conférence. Kawasaki fait l’apologie du cheap labor provenant des pays émergents tel qu’engager des Indiens pour programmer ton site pour peu de frais. J’aime plutôt l’option de trouver des stagiaires ou des élèves pour faire des tâches cléricales ou de programmation. Le point à retenir est que grâce aux technologies actuelles comme Skype on peut maintenant travailler avec des gens partout dans le monde.
7.      Mettre tout dans le nuage (Put everything in the cloud)
Pour un site, il suffit de tout héberger chez AWS, d’utiliser Youtube pour vos vidéos ou Flickr pour vos photos. Le cloud computing vous permet de vous délester de ses coûts en laissant les spécialistes gérer vos services.
Les points 2, 3, 6 et 7 lancent un message : ne pas contracter trop de dépenses lors du lancement d’une entreprise afin d’éviter de demander trop de financement pour des services qui ne créent pas de valeur. Il devrait plutôt servir à soutenir la principale activité qui génère des revenus pour votre entreprise : la gestion des demandes de votre clientèle.
8.      Envoie ensuite teste (Ship then test)
Kawasaki a sorti une phrase savoureuse : Perfect is the enemy of good enough. Rien ne sert d’avoir la version parfaite de votre produit, car trop temps serait perdu à l’obtenir. L’important est d’obtenir la meilleure version et de la lancer. Vous pourrez ensuite obtenir des commentaires de vos clients. Je fais le parallèle avec la sortie d’un site Internet. Sa première version est toujours la pire version, seuls les tests et la mesure de performance permettent de l’améliorer. Aussi, le plus rapidement vous accélérer la sortie de votre produit, le plus rapidement vous recevrez de l’argent.
9.      Éviter les Venture Capitalist (Avoid venture capital)
Les VC sont comme des vampires : ils visent les jeunes entrepreneurs pour sucer leur argent! Il faut éviter le plus possible les demandes de financement aux VC : ça prend du temps et ils ne lèvent pas autant d’argent qu’ils le promettent. Le truc est de repousser au dernier moment votre demande de financement et cet argent doit seulement servir à la croissance de votre entreprise.
10.  Trouver une niche (Niche Tyself)

L’objectif de l’entrepreneur est de créer un produit qui soit en haut à droite : être unique et avoir beaucoup de valeur. L’objectif du marketeur est de persuader les gens que le produit est en haute à droite.
11.  Ne laisse pas les bozos te décourager (Don’t let the bozos grind you down)
En croyant à son idée, tout entrepreneur a les chances de réussir. Cette confiance ne doit pas être minée par les grands investisseurs qui croient qu’ils connaissent tout alors qu’ils n’ont aucune idée de votre mission ou de votre vision. Kawasaki le résume bien en une phrase : Listening to a looser makes you a looser.
Quelques citations de bozos :
Sur l’industrie des ordinateurs personnels:
“I think there is a world market for maybe five computers” - Thomas Walter, PDG de IBM (1943)
“There is no reason why anyone would want a computer in their home” - Ken Olsen 1977, fondateur de DEC digital eq. Corp.
Sur les transferts monétaires :
“This telephone has too many shortcomings to be seriously considered as a means of communication. The device is inherently of no value to us.” - Western Union internal memo 1976
J’aimerais féliciter personnellement Martin Lessard et ses collègues pour l’organisation sans faille du Rendez-Vous 2009. Vous êtes de vrais pros!
La présentation :
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Tags: affaires, challenge your world, entrepreneurship 2.0, guy kawasaki, Internet













novembre 23, 2009 à 12:33
Bon matin
Intéressant, surtout le point numéro 6 sur le “cheap labor”. Je peux confirmer qu’il est très facile de faire affaire partout dans le monde, ma compagnie étant entre la Thailande et Montréal. Tous nos clients sont montréalais, américains ou européens et l’équipe est en Thailande.
Par contre moi aussi j’ai un problème avec le “cheap labor”. Tout d’abord c’est très condescendant comme approche. Deuxièmement je peux vous garantir que “you get what you pay for”. Oui c’est moins chers faire des fichiers excel en Inde mais c’est pas si moins chers que ça si tu veux de la qualité et travailler avec des pro. De notre côté, oui nous sommes en dessous des coûts de prod nord-américains mais pas tant que ça, et ce n’est pas “gratuit” ou “cheap” loin de là . Tu ne trouveras pas un bon programmeur à $5 de l’heure qui va te bâtir un site e-commerce kick-ass pour $1000. Ca n’existe pas!
Tout ça pour dire que le cheap labor outsourcing c’est un mirage, il faut faire attention. Oui c’est moins chers, mais ce n’est pas non plus “gratuit”, loin de là . Oui pour les fonctions très basics, mais là encore….mais c’est faux de prétendre que tu peux développer un site pour rien parce que tu fais affaire avec l’Inde ou la Chine. Ton super site e-commerce full equipped va quand même te coûter 15,000 et plus…(au lieu de 30,000 à Montréal peut être mais quand même….)
py
novembre 25, 2009 à 18:42
Bonjour !
Je n’aime pas non plus l’idée de ne pas payer pour les gens : on ne paye pas pour des gens, mais pour des compétences. Si on étend ce discours “cheap” à l’extrême, alors tout le monde sait comment programmer, designer, concevoir un produit. Dans notre cas, celui d’un site Internet, on voit bien la différence entre un site programmé par un spécialiste, payé cher, et un site programmé par le neveu du patron, payé rien du tout.
L’autre point avec lequel je ne suis absolument pas d’accord, en partie parce que ça sonne effectivement très condescendant, c’est “Don’t pay for marketing” Ce n’est pas parce que le marketing n’est pas un produit concret qu’il n’a pas de valeur. Et marketing ne signifie pas seulement réseaux sociaux ! Même si on ne vend pas le produit à un investisseur, c’est important de savoir à qui on s’adresse et comment on se positionne. Lancer un produit sans marketing, c’est comme lancer Facebook sans plan d’affaires… Mais peut-être que c’est la nouvelle mode.
Je comprends que ces conseils s’adressent à des entrepreneurs qui ont une idée, mais pas d’argent. Je comprends que le principe est de montrer qu’on peut parvenir à quelque chose sans investir des millions. Et je suis tout à fait d’accord avec cette approche.
Là où je bloque très fort, c’est le refus de faire appel à des compétences externes, payantes, et même le mépris exprimé envers celles-ci. Si tout le monde pouvait tout faire tout seul, il y aurait plus de Bill Gates, non ? Si tout le monde comprenait tout, il y aurait d’autres Einstein… Il arrive toujours un moment où il est nécessaire pour la survie d’une idée de demander de l’aide extérieure. Parce qu’on n’a pas tous la science infuse, et que le savoir humain est social.