Améliorer l’expérience utilisateur par la géolocalisation
Publié le 6 novembre 2009 par Laurent
Depuis mon passage à la version 3.5 de Firefox et de l’utilisation de son module de géolocalisation par Google maps, j’ai redécouvert la magie du « vous êtes ici » sur la carte interactive de Google.
Pour pouvoir voir quelle est votre localisation sur Google maps, il vous suffit d’avoir la dernière version de Firefox, Chrome ou Opéra (cela fonctionne peut-être aussi avec Safari, mais pas avec Internet Explorer) et d’aller sur le site Google maps. Ensuite, vous devez cliquer sur le point blanc qui se situe juste au dessus du bonhomme jaune (celui qui active Google Street View). Lorsque vous cliquez sur ce point blanc, votre navigateur va vous demander si vous autorisez ce site à voir vos informations de localisation et si vous acceptez, le point devient bleu. Un autre point bleu apparaît alors sur la carte et indique votre position actuelle.

À quoi cela pourrait-il servir ?
Si nous nous intéressons aux données de localisation brutes (hors utilisation pour un site Web), cela permet de faire du Reality Mining comme j’en avais déjà parlé dans un article précédent. On peut en voir une application dans la vidéo qui suit, même si le présentateur n’en parle pas beaucoup.
En effet, si on s’intéresse à l’historique des déplacements des intervenants pour la promotion électorale des élections 2008 aux États-Unis, on pourrait analyser l’énergie et le temps développés par les différents partis dans leur promotion, et ce, pour chaque État.
Si nous revenons à l’utilisation des informations de géolocalisation dans le cadre d’un site Web, nous pourrions par exemple développer un site de vente en ligne qui pourrait :
- Définir la version du site, la langue et la devise d’après le pays depuis lequel vous êtes connecté (pour la langue, c’est déjà le cas grâce aux préférences linguistiques de votre navigateur).
- Afficher directement les prix avec les taxes applicables et estimer le montant de la livraison.
- Promouvoir des produits d’après votre provenance. Ex: à Québec, une veste d’hiver et à Montréal une veste d’automne.
- Afficher des images du produit dans l’environnement dans lequel vous allez probablement l’utiliser.
- Filtrer les contenus générés par les utilisateurs afin qu’il soit plus pertinent d’après votre lieu de connexion, d’après les habitues d’achat de cette région ou encore d’après la culture ou le mode de pensé de celle-ci. Ex: n’afficher que le contenu qui parle de veste dans les environs direct de Montréal.
Enfin, il y a aussi toutes les informations qui peuvent être croisées avec ces données de géolocalisation afin d’obtenir des informations encore plus pertinentes. Ainsi, nous pourrions croiser l’actualité, les données météorologiques, les mots-clés les plus recherchés, etc.
Le site pourrait donc vous proposer des rabais sur les nouvelles pelles à neige renforcées ou vous avertir que la livraison pourrait être interrompue due aux conditions routières s’il sait qu’une tempête s’approche de votre lieu de connexion et que les dernières actualités sur cette tempête indiquent qu’elle a fait de gros dégâts dans les régions par où elle est passée.
Comme je l’ai fait dans mon article sur le Reality Mining, je tiens à vous avertir qu’il est impératif de laisser une porte de sortie visible et claire pour l’utilisateur afin que la technologie soit présente pour l’aider et le supporter dans sa recherche d’informations et non pour lui imposer un choix ou le standardiser.
Comment cela fonctionne-t-il ?
Les navigateurs Web tels que Firefox, ou encore Chrome et Opéra, ont commencé à intégrer les spécifications de l’api de géo localisation du W3C. Cette intégration permet au site que vous visitez de vous demander de partager vos informations de localisation.
Celles-ci sont déterminées grâce à la borne Wifi à laquelle vous êtes connecté et à votre adresse IP. L’api va utiliser ces informations et les croiser afin de déterminer quelle est votre localisation et lui ajouter un taux de probabilité défini par le type d’information que l’api a pu récupérer. Ces informations peuvent être obtenues de différentes manières.
Par exemple, pour les bornes Wifi (et les tours pour les cellulaires), la compagnie Skyhook passe dans les rues des grandes métropoles et enregistre les localisations des signaux Wifi (et cellulaires). Lorsque vous êtes connecté à une borne, l’api pourrait demander à cette compagnie où est situé ce signal afin de déterminer où vous vous trouvez (Actuellement, Firefox utilise le Location Service de Google).
Par la suite, d’après le taux de probabilité, l’affichage de votre localisation sur la carte pourrait être plus ou moins précis par l’utilisation d’une zone plutôt que d’un point bleu.







novembre 6, 2009 à 14:02
Merci pour ce truc Laurent, vraiment très intéressant. Le degré de précision est épatant. Par contre je me questionne sur l’utilité d’un tel service par rapport aux exemples énoncés dans l’article.
Il est déjà possible de faire de la géolocalisation seulement à partir de l’adresse IP d’un internaute. Cette information est fournie sans avoir à demander le consentement de l’utilisateur et ce peu importe le navigateur ou la version de celui-ci.
Je crois que cette approche est plus simple et moins intrusive si mon application cherche à déterminer la ville de l’utilisateur sans pour autant avoir besoin de son emplacement exact, ce qui est le cas pour les 5 exemples que tu donnes.
novembre 6, 2009 à 17:07
Le problème de la détection de la localisation par la seule adresse IP est que nous prenons en considération qu’une seule variable qui peut être fausse. Par exemple, si la personne utilise le VPN de son entreprise, l’adresse IP sera celle de l’entreprise plutôt que celle de son lieu de connexion. C’est pourquoi la détection du signal Wifi vient ajouter un niveau d’assurance et de précision supplémentaires.
Je pense même qu’à terme, c’est ce dernier qui sera pris comme référent (ou toute autre technologie sans fil qui suivra), car on ne peut utiliser une borne wifi d’un lieu (physique) sans y être, contrairement à une adresse IP qui peut toujours être modifiée (volontairement ou non) puisqu’elle est virtuelle.
Par rapport à l’action de demander à l’utilisateur son consentement pour utiliser ses informations de localisation, c’est, de mon point de vue, beaucoup plus respectueux. Je ne cherche pas spécialement à cacher mes informations personnelles, mais, pour faire une analogie, je ne voudrais pas qu’une personne vienne voir ce que j’ai dans ma maison sans que je ne l’y aie invité au préalable. Évidemment, afin de ne pas importuner les utilisateurs inutilement, il faut permettre l’enregistrement du choix de partage sur le site, et laisser l’utilisateur gérer ses autorisations de partage d’information.
Pour en revenir aux exemples que j’ai mentionnés dans l’article, je n’utiliserai la détection de l’adresse IP seule que pour avoir une idée globale de la localisation de l’utilisateur et donc pour définir, par exemple, son pays. Encore que ce n’est utilisable que dans un contexte où le pays est grand (Canada, É.-U., Chine, etc.). En effet, si on prend la détection de l’adresse IP pour la Belgique, il y a des chances que les serveurs des fournisseurs Internet soient en France, aux Pays-Bas ou en Allemagne…
Pour promouvoir tel ou tel produit, je me fierai donc plus à des données croisées entre l’IP et le signal Wifi et, pour le moment, toujours avec des pincettes puisque l’utilisation du signal wifi est une pratique émergente qui devrait être mise à jour régulièrement à New York, mais beaucoup moins souvent à Chilliwack !
novembre 8, 2009 à 11:57
Je persiste à croire qu’utiliser une telle technologie simplement pour obtenir la ville ou le pays d’un utilisateur, c’est un peu comme vouloir tuer un mouche avec un bazooka! Pour obtenir le pays de l’utilisateur, je préfère encore lui demander directement de le spécifier à partir d’une liste déroulante (puis le garder dans un cookie si nécessaire).
Là où je vois un réel intérêt pour un service de géolocalisation d’une telle précision, c’est les services de proximité en temps réel. Par exemple :
1- Une connexion gratuite dans un café Internet en échange de publicités ciblées localement (les commerces de la rue et des environs).
2- Un service permettant de diffuser ma position exacte en tout temps à mes amis. (pas moi qui utiliserait ça mais ça se fait déjà !)
3- Un moteur de recherche local. Si je cherche un pizzeria, le moteur priorisera celles les plus proches d’où je suis présentement connecté.
Mais probablement que les utilisations les plus innovantes d’une telle technologie restent à venir. Merci encore de m’avoir fait découvrir cette fonctionnalité. Comme développeur, ça donne des idées!
novembre 9, 2009 à 11:46
Vraiment intéressant comme post Laurent. En excluant les cellulaires, quels sont les bénéfices d’utiliser un système de localisation plus précis que les paramètres régionaux du browser et l’IP?
novembre 13, 2009 à 16:38
Merci Jean! Je vois que comme d’habitude tu as la bonne question qui coince
J’y ai pas mal réfléchi, et je ne saurais te dire les bénéfices qu’on pourrait tirer d’un système de localisation plus précis actuellement. Les exemples que j’ai mentionnés dans l’article sont aussi plus dans un futur proche que pour tout de suite, car, souvent, les retailers ont d’autres éléments à améliorer avant de s’attaquer à des hot features comme celles-là . Cependant, il est clair que l’on va vers une utilisation de plus en plus nomade d’Internet et que donc ce sera de plus en plus utile, voire indispensable.
Ce que je voulais apporter dans cet article, c’est qu’une utilisation croisée de plusieurs systèmes de localisation (adresse IP, wifi positioning system, gps, etc.) permet d’avoir une plus grande assurance quant à la justesse, la précision et la rapidité de la localisation de l’utilisateur. Ainsi, on peut se permettre d’afficher et d’utiliser des fonctionnalités beaucoup plus avancées.
Par exemple: la mise en avant, sur la page d’accueil du site, d’un produit donné dans une partie de la ville et d’un autre produit dans l’autre partie d’après ce que l’on a comme données sur ces deux parties d’une même ville.
novembre 18, 2009 à 6:02
truc aussi inutile qu’indispendsable, j’avais déjà remarqué cette fonction avec safari sur l’iphone
septembre 2, 2010 à 19:38