Ma journée au Webcom
Publié le 23 octobre 2009 par Swann
Petit retour sur ma journée au Webcom…
J’ai commencé par aller faire un tour du côté du Webcamp. Le débat était animé par Martin Lessard et était sur Twitter. Le monde s’interrogeait sur le nombre de personnes que l’on suit vraiment, la façon dont Twitter pouvait être plus geek, professionnel versus Facebook qui était plus émotionnel, amical, pourquoi le dialogue se fait plus sur Facebook que sur Twitter. Personnellement, je me suis émerveillée sur le fait que Twitter, et le blogging en général avait permis que les détenteurs de la connaissance soient tout un chacun et plus seulement ceux qui en sont officiellement les porteurs reconnus.
Bref, des débats animés qui ont duré toute la journée dans une ambiance sympathique, toujours agréable. Cette formule de discussions est vraiment agréable. Longue vie au Webcamp!
Je me suis ensuite rendue à l’étude de cas sur Le Devoir. J’ai été déçue de constater qu’il y avait si peu de participants. Pour un journal dont le cÅ“ur a battu depuis sa création au même rythme que l’histoire du Québec, j’aurais pensé que les gens se seraient un peu plus déplacés pour voir son évolution sur le web et constater à quel point il était à l’avant-garde. Et ce d’autant plus que beaucoup ignorait sûrement que Le Devoir, journal indépendant, a toujours été à l’avant-garde du web en tant que site de contenu. Il a fait partie des premiers sites de journaux qui ont cherché à bâtir une communauté. Il invitait ses lecteurs à devenir membres pour pouvoir bénéficier de privilèges comme celui de pouvoir émettre des commentaires. C’était en 2002.
C’est pour éviter une cannibalisation de leur contenu au travers des revues de presse et des compagnies de « tipping » de la fin des années 1990 que Le Devoir avait mis en place ce système de contenu accessible pour les abonnés. C’est l’époque où ils ont aussi crée leurs fameux articles à cadenas. Cette approche à l’époque innovatrice leur a attiré de nombreuses critiques.
Le Devoir est quand même le seul journal indépendant, non soutenu par un gros groupe de presse aux reins financiers solides qui soit capable de faire des bénéfices. Oui, la publicité est payante, mais leur modèle de revenu par le biais de l’abonnement leur offre un atout indéniable par rapport à leurs concurrents. Quand la presse mondiale s’interroge en cÅ“ur sur comment faire des revenus, Le Devoir l’a déjà compris en arrivant à mélanger gratuité et payant, contenu de qualité et lectorat assidu et fidèle. C’est ainsi que Bernard Descoteaux a conclu sa présentation.
Denis Roy d’Egzakt a alors enchaîné en parlant du futur site du Devoir refondu qui se prépare depuis 1 an. Il a commencé par un constat : avant, les concurrents du Devoir faisaient de l’information, de la commodité, du divertissement, chacun était des gros silos d’informations diverses. Maintenant, tous essaient de se séparer la même tarte. Deuxième constat de Denis : Le Devoir était 2.0 avant tout le monde grâce à sa communauté riche. Tout en restant indépendant, Le Devoir a su développer une offre 2.0 de qualité.
Adviso a participé à la nouvelle mouture du Devoir, en collaboration avec Egzakt. Lors de cette première phase de travail, nous avons établis des objectifs.

Il s’est agi d’augmenter les abonnements en ligne et le nombre de pages vues. Des objectifs communicationnels, une amélioration de l’expérience usager ainsi qu’une refonte ergonomique, tout en gardant une bonne cohérence visuelle avec l’édition papier ont été formulés.
À cela s’ajoutent une meilleure opérationnalisation, une optimisation du processus de traitement des contenus et une amélioration du service à la clientèle.
Enfin, du contenu plus structuré et organisé qu’avant, des éléments qui favorisent l’abonnement, un changement du fameux cadenas pour une clé plus invitante, une mise en valeur des blogues, une valorisation du contenu des lecteurs ainsi qu’une approche des faits saillants sont autant d’éléments qui ont été pris en compte pour la refonte du site du Devoir.
Sans oublier bien évidemment une offre plus claire et une meilleure organisation de l’information lors de l’abonnement.
Plus tard dans la journée, toujours assise dans la salle consacrée aux médias, j’ai assisté à une conférence donnée par un représentant du journal français Libération. C’était une belle étude de cas. Il a expliqué par le menu comment le journal a franchi les différentes étapes qui l’ont mené à la version actuelle.
Dès 2002, Libé - pour les intimes - comprend que le web est un média à lui tout seul et qu’il doit être différent de la version papier. Cela a entraîné un impact important en termes d’équipe éditoriale.
En 2005, ils sont les premiers à faire apparaître en France sur un site de journal en ligne des blogues de journalistes, en bas de page, avec les forums et les « chat ».
En 2006, si c’est un moment charnière pour le web, c’est aussi une période où le journal est en crise financière. Malgré la décision que tout le contenu sera dorénavant aussi édité pour le web sous le nom de « bimédia », c’est un échec total. Cependant, cela permet de rapprocher les rédactions papier et web. Le produit papier et le produit web de Libé est à la fois distinct et complémentaire l’un de l’autre. Le web est vraiment l’information instantanée et « toute chaude ». Le papier qui n’arrive que le lendemain permet un approfondissement de l’information. Mais c’est le Web qui donne le rythme.

En 2009, web et papier se complémentarisent totalement. Une communauté de lecteurs fidèles existe. Les journalistes papiers en ayant un blogue sur le web se sont donné une nouvelle ouverture sur leur lectorat et une communication facile dont ils ne bénéficiaient pas auparavant. Cela a permis d’avoir un contenu plus innovant et pertinent sur les deux supports. Cette communication a été rendue possible par des outils se rapprochant beaucoup d’une page de profil Facebook. Le but était de transformer ce quotidien de l’information en réseau social de l’information et offrir ainsi la capacité aux individus de dialoguer entre eux.
Personnellement, je me suis demandé si ce « réseau social de l’information » ne dédoublait pas déjà des plateformes de communication comme Twitter ou Facebook. Mais comme ces deux derniers sont beaucoup moins développés en France qu’au Québec, je pense que ceci explique cela.
Enfin, Libé a crée le « Libé Labo » qui permet d’offrir aux lecteurs du contenu en vidéo et en diaporama, donc un contenu multimédia. Le gros avantage pour la rédaction serait le gain de temps considérable que cela représente et pour les lecteurs cela leur permet d’être particulièrement connectés avec leur détenteur de l’information. Aussi, les abonnés peuvent voir le contenu du lendemain en avant-première en voyant au fur et mesure les pages se verser sur le site. Le summum de la participation des abonnés est la possibilité d’assister aux réunions de rédaction du matin ou d’assister à des enregistrements musicaux de Libé.
Le succès de Libé sur le web semble se caractériser par le fait qu’il a su transposer son identité, sa spécificité, et son ADN de marque sur le web. Il n’a pas oublié qui il était et bien plus que cela, il s’est servi de ses spécificités pour faire de son expérience web un succès. D’après le conférencier, l’audience du journal n’a jamais été aussi bonne. Il s’est pour cela servi de chiffres de Xiti. Pour cette partie-là , je laisserai mon collègue Mehdi commenter les méthodes de mesures employées. Elles l’ont laissé un peu dans le doute…
Cette étude de cas s’est conclue par la présentation en avant-première de leur application Iphone, au design innovant et aux fonctionnalités sympathiques telles que le fait de pouvoir faire défiler les pages du journal, de consulter les unes et de pouvoir bénéficier du journal du lendemain dès 17h pour un coût modique.
Le panel suivant était sur l’avenir des médias mobiles.
L’avantage le plus marqué avancé par Patricia Tessier résidait dans la géolocalisation et la personnalisation des données pour chaque utilisateur parce qu’elle pense que savoir où se trouve le consommateur est nécessairement une source de revenus potentiels. C’est certain! La géolocalisation par le biais des Adwords de Google le prouve chaque jour.
Tous s’entendent pour dire que ce n’est pas en 2009 qu’on fera de l’argent avec du média sur mobile…
Les prochaines tendances d’après eux, seraient dans l’intégration des réseaux sociaux et le concept de réalité augmentée. Il y a aussi une attente impatiente des alternatives aux Iphones et qu’Android arrive enfin à maturité afin de permettre la diffusion du contenu média.
Finalement, un cycle de conférence intéressant et le constat qu’il y a de plus en plus de gens hors microcosme web montréalais qui se présente au Webcom. Ça fait du bien.
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Tags: Le Devoir, Libération, médias, mobile, revenu, Stratégie Web, webcamp, webcom












octobre 23, 2009 à 17:12
Puissant comme “résumé”!
juillet 31, 2010 à 15:52