SEO et politique: les élections municipales à Montréal
Publié le 13 octobre 2009 par JeanLes élections municipales montréalaises arrivant à grands pas, je me demandais quel parti ou candidat à la mairie obtient la meilleure visibilité dans Google et donc, par extension, qui serait le gagnant de l’élection s’il serait déterminé par les moteurs de recherche.
Le SEO est un facteur souvent peu considéré en politique, même s’il a une importance capitale. Ainsi, les moteurs de recherche restent l’outil privilégié pour trouver de l’information sur Internet et cela ne serait être différent pour s’informer dans un contexte politique. Il est donc essentiel pour un parti/candidat de contrôler les résultats de recherche pour faire passer son message et protéger sa réputation sur le web.
Puisque les gens ont un degré très variable d’intérêt dans la politique municipale, j’ai basé mon analyse sur la création de différents profils d’électeurs correspondant chacun à une étape du cycle de recherche dans un contexte politique. Le premier profil est celui du citoyen peu politisé effectuant des recherches exploratoires avec des mots clés tels que « nids de poule » ou « compteurs d’eau ». Le deuxième profil est celui de l’électeur intéressé par l’élection en phase de repérage des partis et des candidats avec des requêtes telles que « élection Montréal » ou « partis élections Montréal ». Finalement, le dernier profil correspond à l’électeur relativement politisé utilisant directement le nom des partis ou des candidats pour trouver de l’information.
Après avoir constitué une liste non exhaustive de mots clés, j’ai analysé la performance des sites des 4 partis principaux dans Google.ca (anglais, français), ce qui a permis de produire le tableau suivant (cliquer sur ce lien pour obtenir le tableau en format xls) :
D’entrée de jeu, nous pouvons constater que les 4 principaux partis performent relativement mal dans les moteurs de recherche. En effet, aucun des partis ne parvient à se positionner correctement pour le profil « exploratoire », caractérisé par des mots clés à haut volume de recherches, mais aussi très compétitifs. Disons qu’il est difficile de blâmer les partis pour leur faible performance : ces mots clés sont dominés par des sites médiatiques difficilement délogeables des premiers résultats de recherche.
Projet Montréal aura la faveur des électeurs correspondant au deuxième profil, ce qui génèrera une visibilité non négligeable auprès d’un électorat très probablement indécis, et donc possiblement fidélisables.
Étrangement, tous partis ont un positionnement très faible pour les mots clés du 3e profil, qui sont pourtant les moins compétitifs, puisqu’ils sont l’équivalent de leur marque. Si tous les sites parviennent à atteindre la première position pour le nom du parti, aucun n’obtient un positionnement intéressant avec slogan, ce qui nuit à un arrimage de la publicité offline et en ligne. Il est aussi à noter que seul le Parti Montréal Ville-Marie obtient le premier résultat de recherche pour le nom du chef. Fort heureusement pour les autres, le premier résultat de recherche est généralement occupé par des sites d’information neutres (ex : Wikipédia), ce qui limite les possibilités de dommage d’un point de vue relations publiques.
Quoique l’analyse ci-dessous à trait seulement aux résultats organiques, nous avons constaté que les partis semblent avoir enterré la hache de guerre en PPC, puisqu’aucune annonce Adwords n’est déclenchée par les mots clés utilisés par notre analyse.
En somme, si l’élection était déterminée selon la performance dans les moteurs de recherche, Projet Montréal et son chef Richard Bergeron seraient déclarés gagnants, mais avec une victoire peu convaincante. Il faudrait plutôt dire qu’aucun parti ne pourra dire qu’il a gagné l’élection grâce à sa performance dans les moteurs de recherche.
Que peuvent faire les partis pour améliorer leur visibilité dans les moteurs de recherche? Voici quelques suggestions :
•   L’utilisation de balise TITLE générée dynamiquement n’est pas un problème en soi, surtout pour des sites ayant autant de pages. Cependant, la personnalisation de la balise TITLE apporterait des bénéfices non négligeables. Cette approche est utilisée par Projet Montréal et cela explique probablement une bonne partie du succès du site dans les moteurs de recherche.
•   Créer du contenu pour favoriser le positionnement sur des mots clés « exploratoires », tels que « compteurs d’eau ». Ajouter des pages sur le site sera positif autant pour le SEO que pour énoncer clairement les engagements du parti par rapport à ces enjeux.
•   Utiliser les réseaux sociaux pour communiquer le message du parti auprès du 1% de la population créateur de contenu pour obtenir des liens. Projet Montréal a actuellement 5 fois plus de liens que ses compétiteurs, ce qui est évidemment très positif.
•   Dynamiser davantage le contenu du site pour favoriser l’acquisition de liens auprès de personnes n’étant pas nécessairement associées à un parti.
•   Analyser la première page de résultat de recherche pour les noms des candidats et du parti pour trouver les sites où il est possible d’influencer positivement le contenu. Il ne faut pas oublier que la visibilité dans les moteurs de recherche ne concerne pas que le site du client.
•   Préparer l’ensemble des actions citées ci-dessus le plus tôt possible. C’est facile à prévoir puisque la date des élections municipales est connue des mois d’avance, ce qui n’est pas le cas en politique provinciale ou fédérale.
•   Considérer l’achat de mots clés pour obtenir une visibilité accrue sur des enjeux cruciaux.
•   Utiliser le marketing de moteur de recherche pour obtenir de la visibilité et pour informer tant en étant conscient de ses limites. Ainsi, utiliser les réseaux sociaux est plus approprié pour mobiliser, ce qu’à démontré la campagne présidentielle d’Obama.
PS. Adviso et l’auteur ne sont pas associé à aucun parti politique cités dans cette étude.








octobre 15, 2009 à 11:07
Il ne faut pas oublier Youtube, il y a une tonne de vidéos sur certains des candidats.
Je crois que nous en arrivons aux mêmes conclusions.
Dans le même ordre d’idée, j’ai beaucoup aimé ce que Obama a fait sur Youtube : http://www.youtube.com/user/BarackObamadotcom.
octobre 15, 2009 à 17:07
Super intéressant et pertinent comme article ! Les politiciens qui font des pieds, des mains et des promesses pour convaincre les électeurs font surprennament peu d’effort pour être trouvé sur le web. Ils préfèrent encore nous convaincre à grands coups de pancartes.
Je me demande seulement combien de visiteurs génèrerait un positionnement au 1er rang sur ces mots clés. J’ai entré vos 7 premiers mots clés dans le Google Keyword Tool et tous indiquent « Not enough data ».
Au moins le Directeur Général des Élections achète de la publicité Adwords sur quelques uns de ces mots clés.
octobre 26, 2009 à 9:00
@Jean-Francois Monfette: Effectivement, le SEO n’est pas nécessairement le meilleur moyen publicitaire pour les politiciens, mais bon, je considère que le ROI serait amplement suffisant pour justifier un investissement de temps et d’argent.
octobre 26, 2009 à 12:28
Je suis candidate à la maire de la municipalité de Sainte-Mélanie (2 829 habitants).
J’utilise les médias sociaux afin de communiquer avec les électeurs et mousser ma campagne électorale.
Je suis tout à fait d’accord avec les informations contenues dans votre billet et je profite de cette campagne électorale afin de prouver les avantages de l’utilisation du SEO dans un contexte de visibilité et de marketing.
Bien qu’il y est toujours place à l’amélioration, je suis assez heureuse des résultats obtenus. Par exemple, les internautes me trouvent sur Google en effectuant les recherches suivantes:
« Élection municipale sainte-mélanie », « élection sainte-mélanie », « Sainte-mélanie » « candidate à la mairie sainte-mélanie », « premiers répondants sainte-melanie », « maire sortant sainte-melanie »,
« maire sainte-mélanie » et plusieurs autres….
Sur Facebook: http://tinyurl.com/yaovse4
Bravo pour votre article et au plaisir de vous lire à nouveau.
Anne-Marie
octobre 27, 2009 à 15:06
Bonjour,
Le slogan d’Union Montréal n’est pas « Montréal réussit » mais bien « Montréal va de l’avant ». Et quand je le google, le site d’Union Montréal arrive en première place.
MS