Les journaux en ligne doivent-ils se contenter des revenus de publicité?

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Les journaux traditionnels vivent une transition très difficile depuis quelques années. Le nombre d’abonnement aux versions papier est en chute libre pour de nombreux quotidiens et les initiatives entreprises par ceux-ci semblent souvent prendre la forme de coup d’épée dans l’eau. Dans l’espoir de mieux comprendre pourquoi les lecteurs délaissent les journaux papier, le Washington Post a réalisé un focus-group dernièrement. Les résultats de l’initiative ont vertainement donné des frissons aux dirigeants du journal. En effet, il semble que de nombreux participants ont révélé qu’ils n’accepteraient pas un abonnement gratuit au journal puisqu’ils n’aimaient pas l’idée d’avoir de « vieux journaux empilés dans leur maison ».

De plus en plus de lecteurs ont remplacé ces « vieux journaux » par l’Internet. Ils l’utilisent d’ailleurs comme principale source de nouvelles au profit des abonnements aux publications papier. Face à ce marché où les nouvelles solutions technologiques sont en plein boom (les aggrégateurs RSS et Google News sont deux exemples de solutions qui révolutionnent l’industrie des nouvelles) , comment peuvent réagir les journaux ?

Il semble en effet que la vente d’abonnement à une version électronique du journal ou encore la vente d’archives d’articles à l’unité ne soit pas la panacée. En ce sens, le dernier rapport de l’OPA (Online Publishers Association) révélait que la croissance des ventes de contenus en ligne pour la catégorie des nouvelles générales n’était que de 0,4% (87,9 millions de dollars). Ce faible nombre est largement dû au fait que peu de journaux ont réussi à offrir une valeur suffisante à leurs lecteurs pour qu’ils soient intéressés à s’abonner à une version en ligne. De nombreux essais ont été réalisés et le nombre d’inscriptions trop faibles poussent de nombreux journaux à revenir sur leur décision et à ne pas aller de l’avant avec un modèle payant en ligne. La compétition intense sur le marché favorise aussi la lenteur des acteurs. En effet, aucun journal ne veut tenter une opération qui pourrait lui faire perdre ses lecteurs au profit du compétiteur.

Plusieurs croient donc que la seule source de revenu des journaux en ligne dans le futur sera la publicité. Celle-ci est en explosion et est la source de revenu qui offre la plus grande croissance pour nombre de journaux. Par contre, les revenus de publicité seront-ils assez élevés pour effacer les pertes encourues par la diminution des ventes de journaux ? Plus encore, est-ce que la publicité en ligne devra éponger une diminution de la valeur des publicités affichées sur papier pour cause de diminution du lectorat ? Dans l’affirmative, il faudra s’attendre à un nombre de publicités beaucoup plus élevés sur les sites de nouvelles et l’utilisation de plus en plus importante de publicité qui rendent le lecteur captif (ex. Rich Media, Interstitiel, etc.). De plus, une augmentation massive des prix de la publicité en ligne serait prévisible.

D’un autre point de vue, pour quelles raisons est-ce qu’un lecteur ne paierait pas pour du contenu en ligne alors qu’il est prêt à le faire hors ligne ? Selon cette théorie, bien que l’Internet donne accès à une foule de nouvelles de façon gratuite, de nombreux lecteurs seront prêt à débourser pour avoir l’article de leur éditorialistes favoris ou la vision d’un journaliste en particulier.

Les prochaines années seront critiques pour de nombreux journaux, mais surtout pour ceux qui n’offraient que des nouvelles. En effet, ceux-ci n’ont aucune chance de vendre leur contenu puisque celui-ci est disponible en ligne gratuitement. Verra-t-on le modèle de vente à la pièce prendre un espace plus important dans ce marché ? Nul doute que l’option sera envisagée par certains journaux. Par contre, est-ce que ce modèle générera assez de vente pour être profitable ?

 

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